samedi 24 décembre 2016

3 mois et 14 jours

105 jours pour réapprendre à me connaître 



Si je devais résumer cet article en une phrase ça serait bien « faites-le pour vous, vous êtes la seule personne capable de vous juger ». Sincèrement, ça pourrait être la morale de cet article. Ça fait plus de 3 mois que je n'ai rien posté et que mes interventions sur les réseaux sociaux se limitent à la notification d'une nouvelle photo Instagram. 105 jours que j'ai décidé qu'il fallait peut-être me faire passer en priorité , du moins, le temps d'être en paix avec moi-même, un minimum.




On peut discuter de l'impact qu'ont les autres sur nous, du bon comme du mauvais. Mais, je pense que l’on est les seuls capables de se faire suffisamment violence pour décider de tout recommencer à zéro. Si une fois dans ma vie je devais m'adresser un compliment (parce que si vous continuez cet article vous comprendrez que ce n'est pas évident) je me féliciterais d'avoir eu le courage de faire le tri, d'avoir pris le risque de me retrouver seule, de décider que j'avais aussi le droit d'être une priorité, mais surtout d'accorder moins de crédits aux gens que je ne connaissais pas (dit comme ça, d'ailleurs, c'est totalement con).

Non sérieusement, vous êtes bien gentils et tout ce qu'on veut mais je me demande encore à quel moment l'humanité a décidé qu'elle pouvait se donner le droit de juger les gens sans les connaître, et même en les connaissant, comment on peut se donner le droit de décider pour les autres. Le pire c'est que la plupart du temps ce n'est pas « méchant », mais une publicité qui montre que des gens d'1m80 parce qu'être grand c'est plus élégant, merci, j'apprécie mon 1m53 ne se sent pas du tout inférieur. Le monde est comme ça, mais à la limite ce n'est pas le problème.

C’est inutile de discuter du fait que la société nous pousse dans un idéal qui de toute manière ne nous correspondra jamais, parce que non je ne ferais jamais 1m80 et que ma peau ne sera jamais en permanence photoshoppé. L’important, c’est de savoir ce que nous, personnellement, on décide de faire pour être heureux avec le nombre incalculable de défauts qu’on vient de nous créer en 2 minutes 30 de publicité. 

Comme je l'ai noté plus haut, les compliments ce n'est vraiment pas pour moi. Autant vous dire la vérité, j'ai toujours pense que les compliments qu'on pouvait me faire dépendaient plus de la pitié que de la gentillesse. Je ne voulais pas de compliments car je ne voulais pas de pitié. Ça a toujours été comme ça pour moi, et ça l'ait d'ailleurs encore. La différence c'est que j'ai compris que ce n'était pas normal, en vérité peut être que les cheveux courts me vont vraiment bien (on ne sait pas, il y a peut-être des gens honnêtes), alors autant vous dire que c'est compliqué « d'accepter un compliment » mais j'y travaille, je ne suis pas encore au point de m'en faire moi-même, parce que 3 mois c'est pas suffisant pour changer la personne que l’on est depuis suffisamment d'années pour ne plus s'en souvenir.

En écrivant ceci, je me rends compte que le problème quand on n'a pas confiance en soi, c'est que par extension on n'a plus confiance en personne. Quand quelqu'un vous fait un compliment, ou du moins, une remarque positive, vous êtes persuadé que c'est faux (car vous êtes un horrible monstre qui n'attire que pitié et autres réjouissances). Vous n'avez jamais suffisamment confiance en quelqu'un pour vous reposez sur cette personne, vous prenez tout pour vous, et vous devez tout gérer seul, en permanence.

Ce qui me fait poursuivre, sur l'hyper émotivité qui pour moi a fait des ravages. Parce que tout garder en permanence pour soi, c'est vraiment pas un conseil, c'est simple, pour mon cas ça était comme une véritable implosion (ndm : trop de pression extérieure qui vous fait exploser de l'intérieur) et croyez-moi pour exploser, j'ai bien bien bien explosé. Je vous épargne les détails sordides du mascara qui coule et qui vous transforme en panda, de vous yeux rouge sang, des tremblements incontrôlés parce qu'il fallait que tout ceci se déroule en plein air, en pleine nuit, en plein au milieu de toute ta classe. Si je devais me faire un autre compliment c'est que j'ai vraiment le sens du dramatique, cette scène aurait pu être la scène finale d’une tragédie grecque. 


D’ailleurs, c’est peut être quand on pense qu’on va pas pouvoir faire pire qu’on a de bonnes surprises, je pense que vous comprendrez quand je dis qu’il a suffit d’une personne pour redonner fois en l’humanité. A ce moment là je pense que si cette personne n’avait pas été là, je ne serais pas à 105 jours pour réapprendre à me connaître mais 105 jours à me dénigrer encore un peu plus chaque jour. 

Vous vous rendez juste compte qu’il y a des gens qui valent le coup. Le plus drôle dans cette histoire c’est que je ne suis pas sûre que cette personne comprenne bien ce qu’elle a fait pour moi, c’était normal pour elle. Du coup faire confiance à quelqu’un semble devenir une bonne idée. 

Mais le pire, dans tout ça, c’est que tu penses que c’est ta faute. Tu t’excuses tout le temps, beaucoup trop, sans vraiment savoir pourquoi. Ton égo est tellement sous terre, que tout peut être de ta faute tu t’en fiches, mais après, il t’arrive d’y croire un peu. Après tout, c’est peut-être un peu de ta faute. C’est sans fin. 

Je devrais vous faire un résumé. Début septembre, j’ai repris la prépas, un rythme peut être un peu trop intense quand on a décidé de se mettre sérieusement au régime, qu’on veut réussir en cours, qu’on a décidé qu’il était temps de se séparer de personnes qui dans tous les cas « n’aident pas ». Beaucoup de « problèmes à régler » comme on aime communément les nommer quand on vous demande pourquoi vous avez des cernes qui viennent dire bonjour à vos pommettes. Certains décident que ce n’est pas le bon moment pour vous de faire ça. Mais soyons honnêtes ce n’est jamais le bon moment.

Non ce n’est pas le bon moment, mais c’est le moment quand même. 

Alors oui, tu douilles, je mentirais si je disais que décider de changer c’est le plus dure. Oui c’est dure, mais c’est juste l’un des plus dures, parce que quand tu te mets à pleurer sans raison, juste à cause de tes « hormones » (deuxième bonne excuse) alors qu’en réalité tu ne sais même pas ce qui se passe, t’es pas au top du changement. 

J’ai dit au revoir aux gens que je devais quitter, au début c’est dure parce qu’on prend l’habitude d’avoir une « ombre » toujours avec nous et puis un jour, c’est vide. Ce fût la première étape, on se débarrasse de ce qui nous empêche de nous recentrer sur notre petite personne, ah clairement, on apprend à devenir égoïste. Et puis après on s’occupe de son mètre 53. Pas la peine de détails, j’ai perdu suffisamment de poids pour les compter en dizaine. Et puis un peu inconsciemment ta tête recommence à avoir confiance, en vrai, cette robe te va vraiment bien. 

Il y a eu une seconde étape, c’est quand je me suis rendu compte, qu’après tout, j’étais peut être stupide mais que je pouvais me débrouiller dans un pays non francophone. J’ai toujours eu envie de « partir », sans savoir vraiment où, ni quand, ni pourquoi. Juste « partir », ailleurs. Et puis ça a commencé avec Barcelone, et puis Rome, Florence, un jour on te demande innocemment peut être « Quand est-ce qu’on part à Milan ? » et tu te retrouves deux semaines plus tard devant le Duomo.      

C’est vrai, j’aurai pu continuer à faire des articles, mais non. Il n’y a rien d’autre à dire, c’était juste pas possible, il fallait que je sois ma propre priorité. Et maintenant que j’en vois le bout, j’en suis vraiment contente. Je continue à avoir mes petits défauts de confiance, le mot « pitié » pointe encore le bout de son nez quand on me fait un compliment, il y a toujours des jours « sans » mais on est tous pareil, ça fait partie du jeu. Il faut des jours « sans » pour encore plus profiter des jours « avec ». Et puis globalement, je suis très heureuse, je fais toujours 1m53 et je suis peut être pas si stupide que ça. 


Pour Noel, il y a un concours, sur Facebook, avec tous les lots qu'ils me restaient à vous faire gagner.


2 commentaires:

  1. Bonjour j'ai lu ton article et je ss tt à fait d'accord avec toi on doit pensé plus à nous sinon on s'efface et tampis si certains trouve ça égoïste!! Bonne fêtes ��

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  2. Suzanne Barreau -Leguillonlundi, décembre 26, 2016

    Bonjour, il faut savoir penser à soi et on a tous des périodes mélodramatiques, il faut apprendre à avoir du recul sur ce qui nous touche ou nous bouscule.
    Pour moins souffrir d'une part et faire preuve de résilience pour enfin s'épanouir quelque soit nos différences et nos manques.
    Passez de bonnes fêtes.

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